L’espugue ou la grotte d’Arrode 1/3 Feuilleton d’Arrode

, par  agnouede , popularité : 17%

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Rondou apporte une explication toponymique l’expression "l ??espugue d ??Arrode". "Arrode". Ce mot semble la prothse de rode, roue ; mais, on ne voit pas le rapport qu ??il peut y avoir entre une roue et ce turon. Le nom du turon vient d ??une grotte spacieuse creuse dans le flanc sud, l ??Espugue d ??Arrode, o la lgende fait gter une fe avec un trsor. Or, en latin, arrodo, is, signifie « miner ». Le mle est min, en effet, trou par la grotte. »

La lgende d’Arrode

Concernant la lgende de la fe, celle-ci est, en effet, relaye dans un conte ; dans le texte, cependant, point de fe, mais un serpent maudit.
L ??hrone tait une bergre du hameau de Trimbareilles. Souvenons-nous, les cultivateurs qui possdaient des droits d ??usage sur la montagne de Caoubarolle taient bien des habitants des quartiers de Sia, Trimbareilles et Ayrues. Le conte mle ici des lments de la ralit, puis poursuit en introduisant un animal merveilleux. Notre bergre la recherche d ??un chevreau dcouvrit dans la grotte une sorte de serpent ail entour de pierres prcieuses. Elle convint d ??un arrangement avec lui : elle devait revenir jeun et le laisser passer sur son dos par trois fois sans profrer de paroles afin de profiter de ses richesses. A la troisime tentative et l ??ultime passage du serpent, la bergre ne put retenir une exclamation. Aussitt, le sort du serpent fut scell, la maldiction le frappa pour l ??ternit, il disparut dans la grotte laissant la bergre dans l ??indigence.

L’espugue d’Arrode

Mais, revenons au pastoralisme. Dans un article, Rondou montre que ce type d ??abri naturel constitua une premire tape dans l ??occupation pastorale.
Il tmoigne de la permanence de son utilisation, nous sommes en 1912.
« Nos anctres prhistoriques utilisaient les anfractuosits naturelles : une roche qui surplombait, une caverne dans les montagnes, espugue, tel fut l ??abri qui les protgeait contre les intempries des saisons ; Espugue a pour diminutif espuguette, petite caverne. [ ?] C ??est sous un immense roc qui surplombe que les bergers d ??Allanz parquent leurs troupeaux pendant la nuit [ ?] celle d ??Arrode, ont leur lgende. Cette dernire sert encore de refuge aux troupeaux. »

Lucien Briet Arrode en 1903

Lucien Briet, minent pyrniste, dont les prgrinations dvoileront les contres aragonaises, en particulier la Sierra de Guara, se rendit l ??Espugue d ??Arrode. Son chemin le conduisant en Espagne par le col de Boucharo, il fut mis au fait de cette curiosit naturelle. Il publia un article dans la revue du Club Alpin propos de cette excavation et prit deux clichs de cette excavation le 22 juillet 1903.
Il crit :
« La grotte d ??Arrode s ??ouvre au pied d ??un modeste escarpement. Son entre a l ??aspect d ??un porche mesurant 1m80 de hauteur sur 2m60 de largeur. Un muret en pierres sches la ferme demi. Cette grotte est, l ??occasion, utilise comme table ; intrieurement du reste, on marche sur un terreau noir et mou d aux djections du btail. Cette grotte est, l ??occasion, utilise comme table ; intrieurement du reste, on marche sur un terreau noir et mou d aux djections du btail. Son plafond ne tarde pas se relever et compte un moment 5 mtres de hauteur ; sa hauteur varie de 3 6 mtres ; on est vote l ??aise. Elle prend au dbut une direction nord-ouest qu ??elle conserve jusqu ??au bout ; 20 mtres de l ??orifice, il a un cul-de-sac o apparaissent quelques stalagmites dont une en forme de borne. A droite de ce cul-de-sac, existe une fracture de 4 mtres de long sur 0m40 de large. Le roc consiste en marbre, tant blanc, tantt gris perle. On s ??lve finalement vers un petit dme agrment d ??une fissure impntrable. Puis, un tranglement se produit ; la vote n ??a plus que 0m80 de hauteur ; on se trane genoux pour pntrer sous une deuxime cloche de 2 mtres de diamtre, dans laquelle on peut tout juste se tenir debout. Du fond de cette niche, on distingue vaguement le jour ; sa situation, 7 mtres au-dessus du niveau du seuil fait dire aux paysans que la grotte d ??Arrode possde un grenier. Les parois sont glaces d ??une couche stalagmitique luisante et humide, et l ??ensemble compte exactement 30 mtres de profondeur.
Tout porte croire qu ??un ruisseau s ??chappait de la grotte d ??Arrode, lorsque les neiges de la grande poque glaciaire recouvraient les ptures suprieures. Quelques gouttes d ??eau suintent encore par places. Au point de vue de la prhistoire, je doute que des fouilles amnent un fructueux rsultat, cette excavation n ??a jamais servie qu ?? loger des btes fauves ?. »

Briet confirme l ??utilisation de la grotte comme enclos pastoral. Il dcrit prcisment l ??intrieur de la grotte et met une hypothse : « Tout porte croire qu ??un ruisseau s ??chappait de la grotte d ??Arrode, lorsque les neiges de la grande poque glaciaire recouvraient les ptures suprieures. »

Les deux clichs de Briet au Muse Pyrnen

Le premier clich photographique montre la haute paroi rocheuse qui abrite l ??abri ainsi que le mur de pierres difi pour contenir le troupeau l ??intrieur de la grotte.
Le deuxime est pris l ??intrieur. Briet prend soin de composer son clich en faisant poser les deux personnes qui l ??accompagnent de part et d ??autre de l ??abri. Ainsi, leurs positions rendent bien la profondeur et la hauteur de la grotte. Un troupeau et des bergers pouvaient effectivement s ??y abriter comme l ??atteste Rondou dix ans plus tard.

Briet donne une rfrence d’article mentionnant la cavit d’Arrode, lire Mmoires dans la revue Socit Splologique n°14 , juin 1898 Vir A PP 38 et 39

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