L’pizootie

, par  agnouede , popularité : 18%

Au XVIII°, la valle de Barge met tous les moyens en  ?uvre pour se protger contre les maladies contagieuses ou pizooties. L ??enjeu, c ??est--dire la survie conomique de la valle et de ses habitants est ce prix. Les consuls runis en assemble dlibrent et s ??efforcent de mettre en place de mesures trs contraignantes censes les protger de l ??infection.

En octobre 1734, la peste bubonique apparat sur un animal en valle d ??Has. On craint la contamination pour l ??homme, aussi un troupeau ayant t en contact avec les animaux incrimins est-il remont au hameau et les btes malades seront isoles et enterres profondment.

« la maladie contagieuse qu’on appele pieste s’tant dcouvert au quartier de Has, en plusieurs troupeaux de moutons et brebis ( ?.) le dnomm Verg Laporte d’Esterre qui ont communiqus leurs bestiaux avec les
infests aux quartiers et ensuite les ont introduits dans le quartier d’Esterre ( ?) [afin de ne pas ] communiquer cette contagion tous les bestiaux de la valle, et pour le bien public il impose de prvenir ce danger et de prendre des prcautions et prudence pour y parvenir dlibration d’une commune voix . En premier lieu, le dit Laporte Verg ramna ses bestiaux laine aux quartiers de Has et les prviendra de la communication des bestiaux qui sont attaqus de la maladie , que tous bestiaux qui viendront prir de cette maladie seront enterrs cinq pieds sous terre , que quand quelques brebis ou mouton paratra malade , elle sera spare du troupeau et sera enferm pour lutter contre le danger de la communication peine de trente livres 10 sous pour chaque contrevenant. »

Quarante ans plus tard, en 1775-1776, une pizootie ravage le cheptel dans le Midi de la France. A tel point qu ??un vtrinaire et pidmiologiste franais Flix VICQ D’AZYR est envoy par le ministre Turgot dans le Midi pour stopper une importante pizootie, mission qu’il accomplira avec succs. Dans un ouvrage qu ??il rdige il expose les diffrents moyens curatifs et prventifs pouvant tre employs contre les maladies des btes cornes.

Dans la valle de Barges, quelques jours d ??intervalle, les consuls dcident de plusieurs mesures coercitives.
Un cordon sanitaire est mis en place. Des gardes seront chargs de surveiller les entres dans la valle.
« Que les gardes empcheront le passage de chiens de cette valle vers celle de Lavedan et inversement .
Ni foin, ni paille except ceux qui porteront les charretiers pour la provision des chevaux. »

L ??pizootie tant rpandue dans tout le midi de la France, les consuls essaient de se prmunir contre tout relchement de la surveillance.
L ??heure est grave, aucune dfaillance ne peut tre autorise. Ainsi, les gardes qui incombent la charge de veiller et la lourde responsabilit d ??une contagion ventuelle seront eux-mmes soumis de drastiques mesures de contrle.

« Les gardes ne pourront abandonner leur poste que ceux destins pour les relever  ?. heure fixe. Les gardes qui auront manqus subiront la prison pendant 15 jours pour chaque contravention ou plus encore. Le poste de la gorge de Pierafite sera vis deux fois par jour par des bourgeois de Luz qui seront tenus de se rendre chacun tour de rle pour veiller que les gardes remplissent leurs devoirs. »

Les postes de garde sont placs des endroits naturellement stratgique comme les gorges de Pierrefite ou dans le dtroit de Labas. Tout tranger venant vers la chapelle de Has seront galement renvoyer ss diffrence de sexe.
Des rgles svres sont dictes, elles sont parfois tonnantes comme l ??interdiction de certains tissus.
« Ceux qui seront de garde sur la gorge de Pierafite de ne laisser passer ds la valle aucune sorte de bestiaux cornes ..non plus aucun mendiant , artisan tranger, marchand colporteur , ni pourvoyeur qu ??ils ne soient entirement habill de lin, ou d ??toupe , ayant bonnet de lin ou chapeau couvert de toile, de lin ou d ??toupe et pareillement renverront les susnomms qui auront fui ou ds leur voiture qql effet ou meuble de laine, comme redingote ou cape. »

Huit jours plus tard, les consuls ditent une dlibration sous forme de huit articles ou « moyens prendre pour prserver la valle de la maladie du btail cornes ».
Les mesures sont renforces.
Une certaine catgorie de personnes est cible : celle des marchands ambulants, pourvoyeurs de tissus divers l ??exception du lin ou bien les mendiants accuss de vhiculer la maladie.
« Renverront tout mandiants vtus de lin et de mme pour les colporteurs d ??pingles de bas, de mousseroux, de fauge ou petite mercerie quand mme munis d ??un certificat. »
Le registre du tissu rapparat : pingles, boutons ?.On met en place l ??interdiction de la laine, sous-produit animal , l ??autorisation du lin, fibre vgtale , est tablie.

« [ Les gardes ] ne laisseront passer sous nul prtexte aucun charretier autrement dit tourbier mme vtu de lin sauf certificat sign de quelqu ??un de susnomm, ne laisseront pareillement passer aucun chien quand c ils suivraient leurs matres qui auraient le passage libre sauf les chiens coubants ? et les petits chiens des dames. »

Les consuls n ??entendant pas indisposer ces dames venues prendre les eaux, ils manquent singulirement de bon sens. Les « petits chiens » pouvant sans aucun doute vhiculer le virus tout autant qu ??un « mandiant ». La hirarchie de la socit les frappe d ??aveuglement.

Au renforcement des mesures s ??opposent ainsi un bon nombre de drogations dangereuses : les gardes laisseront passer « tout voiturier venant chercher ou menant des malades aux bains de Barge et Saint Sauveur pourvu que le malade ne soit point mandiant » (sic).

Passeront aussi « les personnes munies du certificat sign de M de Gontaut ou des maires et de l ??vque de Tarbes de ceux de Lourdes, de M de Fournets et Verg subdlgu de l ??intendance ou de M Dupau de Villelongue ou de Despourrins des Etats ou de Cazanave du lieu de Peyrafite. ( ?) Ils arrteront pareillement tout habitant de la valle qui ne serait pas muni de certificat de M Peyrafite, Nogu, Salar  ? »

Liste des 13 commissaires

Par contre, en ce qui concerne la mission fixe aux gardes, les consuls en rappellent l ??importance stratgique en imposant pour treize d ??entre d ??eux une charge de contrle.
Treize commissaires sont ainsi expressment chargs de surveiller les gardes et le bon droulement de leurs factions . Il s ??agit des nomms : « Laborde, Fabas, Broc, Pujo, Baradre Tripou, Coufitte, Sarrat Rivire, Poueymayou, Fourtine, Trassens, Lafche Sacaze, Viscoe, Larrieu. »

« Que les conseillers de la ville fassent leur tour la fonction de commissaire pour visiter les gardes, vrifier les billets dont les passants seront porteurs, que les gardes partent heure fixe. »

Un tour de garde draconien est instaur, un registre de garde ouvert, la liste des commissaires est affiche.

« Il est adjoint chaque homme command pour la garde de se trouver avant de se rendre aux portes devant la maison de ville de Luz prcises du soir pour consigner son nom sur le registre de garde qui sera dpos l ??htel de ville et ( ?) pour se rendre immdiatement leur poste. Faute de se conformer ce rglement seront punis par trois jours de prison. »

Les commissaires reoivent une charge tout aussi imprieuse que celles des gardes : « Chacun des 13 commissaires visiteront leur tour le poste tabli dans le dtroit de Labas [l’escale dets Abats vers Pierrefitte , p. Lavedan]et se rendra 5 heures aprs-midi l ??htel de ville pour rendre compte celui du lendemain. Laborde commence le premier le dimanche 20 du mois  ? »

Les arrts de la dlibration du 19 aot 1775 sont exposs « dans la salle de l ??htel de ville et pour tre affichs au corps de gardes de la gorge ».

L ??pizootie est grave, par contre, nous ne savons pas dans quelle ampleur elle a touch le cheptel de la valle.

Bibliographie

Dlibrations, 1690-1787/1707-1789/ 1732-1740, pp18-19
Peste bubonique chez les animaux
http://membres.multimania.fr/geneabriey/peste.html
La victoire sur l’pizootie dans le Midi de la France en 1775-76. VICQ D’AZYR (Flix) Paris, Mrigot, 1776. le Mandement de Mgr. l’Archevque de Toulouse, sur le mme sujet

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