L’épizootie

, par  agnouede , popularité : 28%

Au XVIII°, la vall�e de Bar�ge met tous les moyens en � ?uvre pour se prot�ger contre les maladies contagieuses ou �pizooties. L� ??enjeu, c� ??est-�-dire la survie �conomique de la vall�e et de ses habitants est � ce prix. Les consuls r�unis en assembl�e d�lib�rent et s� ??efforcent de mettre en place de mesures tr�s contraignantes cens�es les prot�ger de l� ??infection.

En octobre 1734, la peste bubonique appara�t sur un animal en vall�e d� ??H�as. On craint la contamination pour l� ??homme, aussi un troupeau ayant �t� en contact avec les animaux incrimin�s est-il remont� au hameau et les b�tes malades seront isol�es et enterr�es profond�ment.

« la maladie contagieuse qu’on appel�e pieste s’�tant d�couvert au quartier de H�as, en plusieurs troupeaux de moutons et brebis (� ?�.) le d�nomm� Verg� Laporte d’Esterre qui ont communiqu�s leurs bestiaux avec les
infest�s aux quartiers et ensuite les ont introduits dans le quartier d’Esterre (� ?�) [afin de ne pas ] communiquer cette contagion � tous les bestiaux de la vall�e, et pour le bien public il impose de pr�venir ce danger et de prendre des pr�cautions et prudence pour y parvenir d�lib�ration d’une commune voix . En premier lieu, le dit Laporte Verg� ram�na ses bestiaux � laine aux quartiers de H�as et les pr�viendra de la communication des bestiaux qui sont attaqu�s de la maladie , que tous bestiaux qui viendront � p�rir de cette maladie seront enterr�s � cinq pieds sous terre , que quand quelques brebis ou mouton para�tra malade , elle sera s�par�e du troupeau et sera enferm� pour lutter contre le danger de la communication � peine de trente livres 10 sous pour chaque contrevenant. »

Quarante ans plus tard, en 1775-1776, une �pizootie ravage le cheptel dans le Midi de la France. A tel point qu� ??un v�t�rinaire et �pid�miologiste fran�ais F�lix VICQ D’AZYR est envoy� par le ministre Turgot dans le Midi pour stopper une importante �pizootie, mission qu’il accomplira avec succ�s. Dans un ouvrage qu� ??il r�dige il expose les diff�rents moyens curatifs et pr�ventifs pouvant �tre employ�s contre les maladies des b�tes � cornes.

Dans la vall�e de Bar�ges, � quelques jours d� ??intervalle, les consuls d�cident de plusieurs mesures coercitives.
Un cordon sanitaire est mis en place. Des gardes seront charg�s de surveiller les entr�es dans la vall�e.
« Que les gardes emp�cheront le passage de chiens de cette vall�e vers celle de Lavedan et inversement .
Ni foin, ni paille except� ceux qui porteront les charretiers pour la provision des chevaux. »

L� ??�pizootie �tant r�pandue dans tout le midi de la France, les consuls essaient de se pr�munir contre tout rel�chement de la surveillance.
L� ??heure est grave, aucune d�faillance ne peut �tre autoris�e. Ainsi, les gardes � qui incombent la charge de veiller et la lourde responsabilit� d� ??une contagion �ventuelle seront eux-m�mes soumis � de drastiques mesures de contr�le.

« Les gardes ne pourront abandonner leur poste que ceux destin�s pour les relever � ?�. � heure fixe. Les gardes qui auront manqu�s subiront la prison pendant 15 jours pour chaque contravention ou plus encore. Le poste de la gorge de Pierafite sera vis� deux fois par jour par des bourgeois de Luz qui seront tenus de se rendre chacun � tour de r�le pour veiller que les gardes remplissent leurs devoirs. »

Les postes de garde sont plac�s � des endroits naturellement strat�gique comme les gorges de Pierrefite ou dans le d�troit de Labas. Tout �tranger venant vers la chapelle de H�as seront �galement renvoyer ss diff�rence de sexe.
Des r�gles s�v�res sont �dict�es, elles sont parfois �tonnantes comme l� ??interdiction de certains tissus.
« Ceux qui seront de garde sur la gorge de Pierafite de ne laisser passer ds la vall�e aucune sorte de bestiaux � cornes ..non plus aucun mendiant , artisan �tranger, marchand colporteur , ni pourvoyeur qu� ??ils ne soient enti�rement habill� de lin, ou d� ??�toupe , ayant bonnet de lin ou chapeau couvert de toile, de lin ou d� ??�toupe et pareillement renverront les susnomm�s qui auront fui ou ds leur voiture qql effet ou meuble de laine, comme redingote ou cape. »

Huit jours plus tard, les consuls �ditent une d�lib�ration sous forme de huit articles ou « moyens � prendre pour pr�server la vall�e de la maladie du b�tail � cornes ».
Les mesures sont renforc�es.
Une certaine cat�gorie de personnes est cibl�e : celle des marchands ambulants, pourvoyeurs de tissus divers � l� ??exception du lin ou bien les mendiants accus�s de v�hiculer la maladie.
« Renverront tout mandiants v�tus de lin et de m�me pour les colporteurs d� ??�pingles de bas, de mousseroux, de fauge ou petite mercerie quand m�me munis d� ??un certificat. »
Le registre du tissu r�appara�t : �pingles, boutons� ?�.On met en place l� ??interdiction de la laine, sous-produit animal , l� ??autorisation du lin, fibre v�g�tale , est �tablie.

« [ Les gardes ] ne laisseront passer sous nul pr�texte aucun charretier autrement dit tourbier m�me v�tu de lin sauf certificat sign� de quelqu� ??un de susnomm�, ne laisseront pareillement passer aucun chien quand c ils suivraient leurs ma�tres qui auraient le passage libre sauf les chiens coubants ? et les petits chiens des dames. »

Les consuls n� ??entendant pas indisposer ces dames venues prendre les eaux, ils manquent singuli�rement de bon sens. Les « petits chiens » pouvant sans aucun doute v�hiculer le virus tout autant qu� ??un « mandiant ». La hi�rarchie de la soci�t� les frappe d� ??aveuglement.

Au renforcement des mesures s� ??opposent ainsi un bon nombre de d�rogations dangereuses : les gardes laisseront passer « tout voiturier venant chercher ou menant des malades aux bains de Bar�ge et Saint Sauveur pourvu que le malade ne soit point mandiant » (sic).

Passeront aussi « les personnes munies du certificat sign� de M de Gontaut ou des maires et de l� ??�v�que de Tarbes de ceux de Lourdes, de M de Fournets et Verg� subd�l�gu� de l� ??intendance ou de M Dupau de Villelongue ou de Despourrins des Etats ou de Cazanave du lieu de Peyrafite. (� ?�) Ils arr�teront pareillement tout habitant de la vall�e qui ne serait pas muni de certificat de M Peyrafite, Nogu�, Salar� � ?� »

Liste des 13 commissaires

Par contre, en ce qui concerne la mission fix�e aux gardes, les consuls en rappellent l� ??importance strat�gique en imposant pour treize d� ??entre d� ??eux une charge de contr�le.
Treize commissaires sont ainsi express�ment charg�s de surveiller les gardes et le bon d�roulement de leurs factions . Il s� ??agit des nomm�s : « Laborde, Fabas, Broc�, Pujo, Barad�re Tripou, Coufitte, Sarrat Rivi�re, Poueymayou, Fourtine, Trassens, Laf�che Sacaze, Viscoe, Larrieu. »

« Que les conseillers de la ville fassent � leur tour la fonction de commissaire pour visiter les gardes, v�rifier les billets dont les passants seront porteurs, que les gardes partent � heure fixe. »

Un tour de garde draconien est instaur�, un registre de garde ouvert, la liste des commissaires est affich�e.

« Il est adjoint � chaque homme command� pour la garde de se trouver avant de se rendre aux portes devant la maison de ville de Luz � pr�cises du soir pour consigner son nom sur le registre de garde qui sera d�pos� � l� ??h�tel de ville et (� ?�) pour se rendre imm�diatement � leur poste. Faute de se conformer � ce r�glement seront punis par trois jours de prison. »

Les commissaires re�oivent une charge tout aussi imp�rieuse que celles des gardes : « Chacun des 13 commissaires visiteront � leur tour le poste �tabli dans le d�troit de Labas [l’escale dets Abats vers Pierrefitte , p. Lavedan]et se rendra � 5 heures apr�s-midi � l� ??h�tel de ville pour rendre compte � celui du lendemain. Laborde commence le premier le dimanche 20 du mois � ?� »

Les arr�t�s de la d�lib�ration du 19 ao�t 1775 sont expos�s « dans la salle de l� ??h�tel de ville et pour �tre affich�s au corps de gardes de la gorge ».

L� ??�pizootie est grave, par contre, nous ne savons pas dans quelle ampleur elle a touch� le cheptel de la vall�e.

Bibliographie

D�lib�rations, 1690-1787/1707-1789/ 1732-1740, pp18-19
Peste bubonique chez les animaux
http://membres.multimania.fr/geneabriey/peste.html
La victoire sur l’�pizootie dans le Midi de la France en 1775-76. VICQ D’AZYR (F�lix) Paris, M�rigot, 1776. le Mandement de Mgr. l’Archev�que de Toulouse, sur le m�me sujet

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