Arrode et les querelles pour le pacage 3/3 Feuilleton d’Arrode

, par  agnouede , popularité : 41%

Le pacage dans la montagne du Bedat de Caubarolle contigu au secteur de Castillon, mais aussi dans le secteur de Bu ne sera pas sans poser problme.

1680 : le libre accs de la montagne de Bu

Plusieurs querelles vont agiter les consuls des vics de Darrelaigue et du Plaa et d ??Esterre. On a dj voqu dans un prcdent article les ravages du bois voisin de Bassehaill qui, ds le 30 mai 1689, est prohib pour vingt ans. Mais, en altitude, la montagne est aussi soumise des interdictions successives, des dispositions de vtes. Ce qui n ??tait pas sans contrarier les principaux « bnficiaires » de cette montagne qui taient l ??origine les habitants de Sia et ceux du hameau voisin de Trimbareilles. Ces quartiers avaient « joui exclusivement de l ??exercice du droit de pacage et de fauche » comme le rappelle le notaire Coufitte en 1844.
Par la suite, une vtation de la montagne de Bu par les vic du Plaa et d ??Esterre, et vic Debat vient contrarier le vic de Darrelaigue qui s ??oppose fermement cette disposition en 1715. Les consuls s ??insurgent et rappellent l ?? ??existence d ??un bail de trs longue dure (emphytothique) qui moyennant la vente de terrains sis au quartier de Trimbareilles exigeait le libre accs de la montagne de Bu, et l ??interdiction de la louer.
« Comme il tait d ??ailleurs prvu par l ??acte emphytotique de centaines de journaux de terre de la dite montagne qui fut consenti par les dits consuls des dits vics en faveur de certaines parties du vic de Trimbareille moyennant certaine rente annuelle qu ??ils payent aux vics et vic de Darrelaigue par lequel il est expressment convenu que la dite montagne restante ne pourra tre vendue, retenu par acte de feu M.Noguez notaire de la ville en date du 20 aot 1680. »
En 1722, le vic de Darrelaigue s ??adjoint les services de l ??avocat Salare. Celui-ci rdige un document permettant d ??tayer une rclamation auprs du Snchal de Bigorre. Il rappelle, en prambule, la sentence de janvier 1414 qui stipule que les montagnes communes aux vics doivent tre gres conjointement. Il ajoute qu ??un acte de juillet 1714 prcise que l ??afferme reste possible exclusivement pour des marchands espagnols et non des bergers lavedanais comme il a t fait. Ds lors, Salare demande l ??invalidation de la vente : il souhaite que les « fermes soient dclares nulles ».
La clause de 1680 concernant les ventes interdites est tombe en dsutude, dsormais, les affermes sont admises, reste savoir quels en seront les adjudicataires et les bnficiaires.

1727 : le pacage, le fauchage autoris sur la montagne de Caubarolle

En 1727, une facult « perptuelle » est dlivre par le vic de Darrelaigue des paysans du quartier de Sia : « Joseph Andiolle, Jean Caussieu et Jean Sabatut dit Caussieu son beau-fils et Pierre Casenabe susnomm Esquerr et leurs hritiers et successeurs paisans et habitants de la ville de Luz habitants au [territoire] de Scia ( ?). » (sic). Les consuls vendent ces cultivateurs la « facult de gtre et le pacage », de faire paitre leurs troupeaux, de s ??abriter dans les cabanes de la montagne de Caubarolle, de pouvoir faucher. Ils concdent la vente perptuit, pour les successeurs et hritiers des habitants du quartier de Sia. « Tous ces droits : patre, gtre, faucher, loger aux cabanes courent [pour] chaque anne au jour de la Saint Barnab [11 juin]. » (sic)

L ??accalmie temporaire n ??affecte pas la montagne de Bu. Des incidents continuent, cependant, subvenir comme en dcembre 1728 o le consul Destrade en appelle la cour de Toulouse pour sanctionner des contrevenants (Salles, Caussiou, Bourdere) qui avaient laiss leurs btes pturer Bu pendant le mois de juillet. Pour une fois, cependant, les trois vics s ??accordent et les bergers sont amends dans un acte de conciliation en 1734 qui semble avoir mis fin un procs. En 1742, les habitants de Sia sont dbouts de leur concession perptuelle pour l ??anne en cours. Les consuls se rservent le droit d ??afferme la montagne des Espagnols.

1844 : la ncessit de raffirmer des droits

En mars 1844, des cultivateurs se rendent dans l ??tude de Coufitte pour rdiger un acte notari. Une partie d ??entre eux habite le hameau de Trimbareilles situ sur la commune de Gdre, une autre rside Sia, quartier de Luz.
Ils ont pour nom : « Michel Caousiou dit Trescazes, Catherine Theil Trescazes veuve de Jacques Casnabet dit Camarot, Henri Junt, Jean Semp dit Nogu gendre Coumttou, Grgoire Priss dit Burret, Barthlemy Casnabet Camarot, Grgoire Courtade gendre Artigot, Marc Trey, Barthlemy Caousiou dit Laffont gendre Artigot, Marc Trey, Barthlemy Caousiou dit Laffont gendre Pepi », d ??une part. D ??autre part, sont prsents : « Pierre Pujo Jarr gendre Andiole, Jacquette Semp dite Nogu veuve de Pierre Camarot, Jean Henri Pujo-Baa, Antoine Mour Fdacou, gendre Caoussiou, Bernard Salle, Henri Sanjou Trazre, Jean  ??Henri Caousiou dit Priss », domicilis au hameau de Sia.
Ces usagers de la montagne de Caubarolle sont assembls de leur plein gr. Ils veulent raffirmer et lgitimer par crit leurs droits sur ces quartiers de montagne. A travers leurs assertions, le notaire retrace l ??historique des droits attachs la montagne de Caubarolle. Les accords verbaux ont succd aux rglements anciens, les usages sont d ??autant plus fragiliss. Or, les cultivateurs sont inquiets, le vic de Darrelaigue n ??existe plus, leurs droits semblent remis en cause par les vellits individualistes des communes. Dans ces circonstances, les cultivateurs souhaitent nommer par voie notariale un mandataire qui reprendra les fonctions de gestion et de mdiation auprs des communes (la Commission Syndicale n ??tant pas encore cre). Dans un premier temps, les cultivateurs rappellent l ??existence du vic de Darrelaigue, dans un second temps, ils insistent sur l ??indivision de cette montagne.

Le code forestier retreint l ??accs Bu

La mme anne, 1844, le notaire Coufitte reoit galement deux cultivateurs. L ??un est domicili au quartier d ??Ayrues, dans la commune de Gdre, il se nomme Franois Pujo. Le second rside au quartier de Sarrat de Ben, il s ??agit de Jacques Haurine gendre Bourg. Tous les deux engagent une procdure commune « solidaire » afin de reprendre un bail « de 56,28 ares de fonds » au secteur de Bu. Vingt ans plus tard, en mars 1869, nous retrouvons nos usagers Pujo et Haurine runis avec d ??autres cultivateurs, ils rdigent une requte auprs de l ??administration forestire pour rtablir leurs droits de pacage. En effet, ils ont pour interdiction de laisser leurs troupeaux pntrer dans la fort de Bu conformment au Code Forestier. L ??administration entend protger les bois. Les cultivateurs argumentent que la traverse du bois permet l ??accs des pacages situs plus hauts. Ils ajoutent que la fracheur des arbres permet aux animaux de se reposer l ??abri du soleil.

« M le Prfet. Les susnomms Fdacou, Trey, Bareilles, Laffont, Puyo, Porte, Priss, Bourg JP, Cazet, Haurine Jacques, Artigot Louis, Estrade, Burret, Trey Marc, Coumetou, Camarot, Pepy, Junt, Trescazes, Fourtine, tous habitants de Gdre, canton de Luz, ont l ??honneur de vous exposer qu ??ils ne pourront se passer pour leur btail des pturages de la foret de Bu, appartenant la commune de Gdre et autres. Leurs propritaires logent la lisire infrieure de la fort, chaque jour le btail est expos entrer dans ce bois pour se rendre aux pturages suprieurs et surtout aux grandes chaleurs de l ??t, il y court pour trouver l ??ombrage. L ??entre des bestiaux dans cette foret, a t permise de tout temps, si ce n ??est depuis un an, et ce, sans doute par une mprise qui ne s ??explique pas. Devant des motifs si fonds, les ptitionnaires vous supplient trs humblement, M le Prfet de vouloir bien autoriser introduire leurs bestiaux dans la dite fort. Ils vous seront trs reconnaissants. » (sic)

Le 22 mars 1869, la mairie de Gdre donne un accord favorable cette demande qui est ensuite transmise au Conservateur de forts, nous ne savons quelle fut sa dcision.

Au dbut, du XX°sicle, la Commission Syndicale ralise quelques amnagements. En mars 1903, elle dcide de construire un chemin muletier pour conduire les troupeaux vers les pacages de Noubasseube et en 1905, vers le secteur d ??Arrode.

Par la suite, le plateau d ??Arrode va tre abandonn, une seule ruine a t rnove sur les neufs, celle appartenant Caoussieu selon Jean.

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